Jeune femme en jean blanc et chemise claire montant un grand escalier de pierre en extérieur, un café et un téléphone à la main

Le NEAT : brûler des calories sans faire de sport, c’est possible ?

Deux collègues mangent à peu près la même chose, ne font pas plus de sport l’un que l’autre, et pourtant l’un grossit et l’autre non. Une partie de l’explication tient en quatre lettres : NEAT. Derrière ce sigle anglais se cache toute l’énergie que l’on dépense en bougeant en dehors du sport. Monter un escalier, faire les courses, gigoter sur sa chaise, jardiner. Mis bout à bout, ces gestes pèsent souvent plus lourd que la séance de salle hebdomadaire.

En bref : le NEAT (non-exercise activity thermogenesis, ou thermogenèse liée aux activités hors exercice) désigne les calories dépensées par tous les mouvements qui ne sont ni du sport, ni du sommeil, ni de la digestion : marcher, se tenir debout, faire le ménage, bouger en parlant. Il peut varier de plusieurs centaines à près de 2 000 kilocalories par jour entre deux personnes de même gabarit. L’augmenter est l’un des moyens les plus simples de dépenser plus d’énergie au quotidien.

Où passent nos calories ?

Notre dépense d’énergie quotidienne se répartit en plusieurs postes.

PosteCe que c’estPart de la dépense quotidienne
Métabolisme de baseL’énergie pour respirer, faire battre le cœur, maintenir la température, au reposEnviron 60 à 70 %
Effet thermique des alimentsL’énergie pour digérer et absorber ce qu’on mangeEnviron 10 %
Activité physique sportiveLes séances de sport volontairesTrès variable, souvent faible
NEATTous les autres mouvements de la journéeTrès variable, de 15 % à plus de 50 %

Le métabolisme de base varie peu d’une personne à l’autre, à poids et âge égaux. Le NEAT, lui, est le poste le plus variable. Un employé de bureau qui va au travail en voiture et un serveur qui passe la journée debout n’ont rien en commun sur ce point. Le chercheur américain James Levine, qui a popularisé la notion, estime que l’écart peut atteindre 2 000 kilocalories par jour entre deux personnes de même taille.

Ce que montrent les études

Les travaux de James Levine, à la clinique Mayo, aux États-Unis, ont fait connaître le NEAT.

En 1999, il publie dans Science une expérience frappante. Seize volontaires en bonne santé mangent 1 000 kilocalories de plus que leurs besoins chaque jour pendant huit semaines. Tous ne prennent pas le même poids : la prise de graisse varie de près de dix fois d’une personne à l’autre. Ce qui explique la différence, c’est surtout le NEAT. Certains volontaires se mettent spontanément à bouger davantage, sans s’en rendre compte, et brûlent une bonne partie du surplus.

En 2005, toujours dans Science, son équipe munit des volontaires de capteurs qui enregistrent leurs postures toute la journée. Les personnes en situation d’obésité restent assises en moyenne environ deux heures de plus par jour que les personnes minces, ce qui représente environ 350 kilocalories de moins dépensées chaque jour.

Comment augmenter son NEAT ?

L’avantage du NEAT, c’est qu’il ne demande ni tenue de sport ni créneau dans l’agenda. Il s’agit surtout de remplacer des moments assis ou immobiles par des moments en mouvement.

  • Marcher ou faire du vélo pour les trajets courts.
  • Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur ou l’escalator.
  • Se lever toutes les demi-heures quand on travaille assis, pour marcher quelques minutes.
  • Téléphoner en marchant.
  • Descendre du bus un arrêt plus tôt.
  • Faire le ménage, le jardinage ou le bricolage soi-même.
  • Travailler debout une partie de la journée, avec un bureau réglable.
  • Faire une courte promenade après les repas.

Pris un à un, ces gestes semblent dérisoires. Cumulés sur une journée, puis sur une année, ils représentent des milliers de kilocalories.

Et les 10 000 pas ?

Le chiffre de 10 000 pas par jour vient d’une campagne publicitaire japonaise pour un podomètre, en 1965, nommé « manpo-kei », littéralement « compteur de 10 000 pas ». Il n’a pas été fixé par des scientifiques.

Les études récentes donnent un repère plus nuancé. Une méta-analyse publiée en 2022 dans The Lancet Public Health, qui regroupait près de 50 000 personnes, a montré que le risque de mortalité baisse nettement à mesure que le nombre de pas augmente, puis se stabilise autour de 6 000 à 8 000 pas par jour après 60 ans, et de 8 000 à 10 000 pas chez les plus jeunes. Chaque pas compte, et il n’y a pas de seuil magique.

Le NEAT remplace-t-il le sport ?

Non. Le NEAT aide à dépenser de l’énergie et à rester en bonne santé, mais il n’apporte pas tous les bénéfices du sport. L’exercice plus intense améliore la capacité cardiaque et respiratoire, et la musculation entretient la masse musculaire et la solidité des os, surtout avec l’âge. L’idéal est de cumuler les deux : bouger beaucoup au quotidien, et faire du sport quelques fois par semaine.

Pour perdre du poids, le NEAT n’est qu’un élément de l’équation. Le principe reste celui du déficit calorique : dépenser un peu plus d’énergie qu’on n’en consomme, sur la durée.

Questions fréquentes

Que veut dire NEAT ?
C’est l’abréviation anglaise de « non-exercise activity thermogenesis », que l’on peut traduire par « thermogenèse liée aux activités hors exercice ». Autrement dit, la chaleur et donc l’énergie produites par les mouvements du quotidien.

Le fait de gigoter fait-il vraiment brûler des calories ?
Oui, un peu. Bouger les jambes, se lever, changer de position : ces micro-mouvements augmentent la dépense d’énergie par rapport à une position parfaitement immobile. Ils font partie du NEAT.

Le NEAT baisse-t-il quand on fait un régime ?
Souvent, oui. Quand on mange moins, le corps a tendance à bouger spontanément un peu moins, sans qu’on s’en rende compte. C’est l’une des raisons pour lesquelles les régimes stagnent, et il est utile de garder volontairement une activité quotidienne élevée.

Conclusion

Le NEAT rappelle que la santé ne se joue pas seulement à la salle de sport. Les heures passées assis pèsent lourd, et chaque occasion de bouger compte. Monter un escalier ou marcher jusqu’à la boulangerie paraît anodin, mais c’est précisément l’accumulation de ces gestes qui fait la différence sur une année. Pour comparer avec d’autres façons de brûler des calories, découvrez notre article sur la marche inclinée et la course.

Sources