Feu d'artifice multicolore en gerbes dorées, vertes et bleues dans un ciel noir

Les traditions du Nouvel An à travers le monde : raisins, valises et vaisselle cassée

En France, le passage à la nouvelle année se fête avec du champagne, des bisous sous le gui et un compte à rebours devant la télévision. Ailleurs, minuit déclenche des rituels bien plus étranges : avaler douze raisins en douze secondes, casser de la vaisselle sur la porte des voisins ou faire le tour du quartier avec une valise vide. Presque toutes ces traditions ont le même but : attirer la chance pour l’année qui commence.

En bref : parmi les traditions du Nouvel An les plus connues, il y a les douze raisins mangés aux douze coups de minuit en Espagne, les 108 coups de cloche des temples japonais, la vaisselle cassée devant les portes au Danemark, le « premier pas » en Écosse et la valise qu’on promène en Amérique latine pour s’assurer de voyager. La plupart visent à chasser le malheur de l’année passée et à attirer la prospérité.

En Europe

Espagne : douze raisins en douze coups

À minuit, des millions d’Espagnols ont les yeux rivés sur l’horloge de la Puerta del Sol, à Madrid, retransmise à la télévision. À chaque coup, il faut avaler un grain de raisin, soit douze en douze secondes environ. Chaque raisin représente un mois de l’année, et réussir porte chance. C’est plus difficile qu’il n’y paraît, d’où les raisins vendus pelés et épépinés en boîte.

La tradition remonte à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Selon l’explication la plus répandue, des viticulteurs de la région d’Alicante, après une récolte abondante, auraient lancé la coutume pour écouler leurs surplus. D’autres sources évoquent des Madrilènes qui se moquaient de la bourgeoisie, qui mangeait du raisin et buvait du champagne à minuit.

Danemark : casser la vaisselle

Au Danemark, on garde toute l’année les assiettes ébréchées pour les jeter contre la porte de ses amis et de ses voisins le soir du 31 décembre. Plus le tas de débris est gros le lendemain, plus on a d’amis, et plus l’année sera heureuse. À minuit, beaucoup de Danois montent aussi sur une chaise pour « sauter » dans la nouvelle année.

Écosse : le premier pas

En Écosse, le Nouvel An, appelé Hogmanay, compte souvent plus que Noël. Selon la tradition du « first-footing », la première personne qui franchit le seuil après minuit apporte la chance ou la malchance de l’année. L’idéal est un homme grand et brun, peut-être un souvenir de l’époque où un visiteur blond pouvait être un envahisseur viking. Il apporte des cadeaux symboliques : du charbon pour la chaleur, du sel, du pain ou du shortbread, et du whisky.

Italie : rouge et lentilles

En Italie, on porte des sous-vêtements rouges le soir du 31 décembre pour attirer l’amour et la chance. Au repas, on mange des lentilles avec du cotechino, une grosse saucisse de porc. Les lentilles, rondes comme des pièces, promettent de l’argent pour l’année.

Allemagne : un sketch anglais et du plomb fondu

Chaque 31 décembre, les chaînes allemandes diffusent « Dinner for One », un court sketch britannique en noir et blanc de 1963, presque inconnu au Royaume-Uni mais devenu en Allemagne un rituel immanquable. Les Allemands pratiquent aussi le « Bleigießen » : on fait fondre un petit morceau de métal sur une cuillère, on le verse dans l’eau froide, et la forme obtenue prédit l’année à venir. Depuis que l’Union européenne a restreint l’usage du plomb, en 2018, on utilise de la cire ou de l’étain.

Grèce : la pièce dans le gâteau

En Grèce, on coupe le 1er janvier la « vassilopita », un gâteau dans lequel est cachée une pièce. Celui qui la trouve aura de la chance toute l’année. La première part est souvent réservée à saint Basile, fêté ce jour-là.

En Asie

Japon : 108 coups de cloche

Au Japon, le Nouvel An, ou « shōgatsu », est la fête la plus importante de l’année. Les derniers jours de décembre, on fait un grand ménage pour partir sur de bonnes bases. Le 31 au soir, on mange des « toshikoshi soba », de longues nouilles de sarrasin qui symbolisent une vie longue. À minuit, les temples bouddhistes font sonner leur cloche 108 fois, un coup pour chacun des 108 désirs terrestres qui, selon le bouddhisme, causent la souffrance. C’est le « joya no kane ».

Philippines : tout ce qui est rond

Aux Philippines, les formes rondes rappellent les pièces de monnaie et attirent la prospérité. On pose sur la table douze ou treize fruits ronds, un par mois, on porte des vêtements à pois, et on remplit ses poches de pièces qu’on fait tinter à minuit. Les enfants sautent sur place au douzième coup, dans l’espoir de grandir pendant l’année.

Chine : une autre date

Le Nouvel An chinois ne tombe pas le 1er janvier. Il suit le calendrier lunaire et se fête entre le 21 janvier et le 20 février. On y décore les maisons en rouge, on offre de l’argent dans des enveloppes rouges, et on tire des pétards pour chasser les mauvais esprits.

En Amérique

États-Unis : la boule de Times Square

À New York, plus d’un million de personnes se pressent à Times Square pour voir descendre une boule lumineuse en haut d’un immeuble pendant les soixante dernières secondes de l’année. La tradition date de 1907. Les boules horaires, qui tombaient à heure fixe pour permettre aux marins de régler leurs montres, en ont donné l’idée.

Brésil : en blanc, face à la mer

Au Brésil, on s’habille en blanc pour le Nouvel An, pour attirer la paix. Sur les plages de Rio, des centaines de milliers de personnes assistent au feu d’artifice de Copacabana. Beaucoup offrent des fleurs et de petites bougies à Iemanjá, la déesse de la mer des religions afro-brésiliennes, et sautent par-dessus sept vagues en faisant sept vœux.

Colombie et Amérique latine : la valise et les sous-vêtements jaunes

En Colombie et dans plusieurs pays d’Amérique latine, ceux qui rêvent de voyager font le tour du pâté de maisons avec une valise à minuit. On porte aussi des sous-vêtements jaunes pour attirer la chance et l’argent. En Équateur, on brûle des pantins, les « años viejos », qui représentent l’année qui s’achève.

Questions fréquentes

Pourquoi s’embrasse-t-on sous le gui au Nouvel An en France ?
Le gui était une plante sacrée chez les Gaulois, symbole de vie parce qu’il reste vert en plein hiver. La coutume de s’embrasser dessous s’est répandue en France et au Royaume-Uni au XIXe siècle. En France, elle est surtout associée au Nouvel An, ailleurs plutôt à Noël.

Quel pays fête le Nouvel An en premier ?
Les îles de la Ligne, à Kiribati, dans le Pacifique, sont les premières terres habitées à passer à la nouvelle année. Les îles Samoa américaines, à quelques centaines de kilomètres, la fêtent parmi les dernières, environ 25 heures plus tard.

D’où vient la tradition des bonnes résolutions ?
L’habitude de prendre des engagements au début de l’année est très ancienne. Les Babyloniens promettaient déjà à leurs dieux de rembourser leurs dettes lors de leur nouvel an, au printemps.

Conclusion

Raisins, lentilles, fruits ronds ou valises : partout, le Nouvel An est une affaire de chance et de symboles. On jette l’ancien, on fait du bruit pour chasser le mauvais sort, et on mange quelque chose qui ressemble à de l’argent. Si les excès du réveillon vous font peur, notre article sur la récupération après une soirée vous attend pour le 1er janvier.

Sources