Les traditions de Noël les plus insolites à travers le monde
En France, Noël se résume souvent au sapin, à la bûche et aux cadeaux sous l’arbre le 25 au matin. Ailleurs, la même fête prend des formes parfois très étranges : un démon cornu qui poursuit les enfants dans les rues, une sorcière qui distribue du charbon, ou un repas de poulet frit commandé des semaines à l’avance. Voici douze traditions qui montrent à quel point Noël change d’un pays à l’autre.
En bref : parmi les traditions de Noël les plus insolites, on trouve le Krampus, un démon qui punit les enfants désobéissants en Autriche, la Befana, une sorcière qui apporte les cadeaux en Italie, le Tió de Nadal, une bûche que les enfants catalans frappent pour qu’elle « fasse » des cadeaux, et le repas de poulet frit de KFC au Japon. Beaucoup mêlent fêtes chrétiennes et vieux folklores d’hiver.
En Europe
Le Krampus, en Autriche et dans les Alpes
Dans les Alpes autrichiennes, en Bavière et dans le Tyrol, saint Nicolas ne vient pas seul. Il est accompagné du Krampus, une créature mi-homme mi-bouc, couverte de poils, avec des cornes et une longue langue. Le soir du 5 décembre, la « Krampusnacht », des jeunes hommes déguisés défilent dans les rues en faisant sonner des cloches et en effrayant les passants. Le Krampus est chargé de punir les enfants désobéissants, quand saint Nicolas récompense les sages.
Le personnage serait plus ancien que le christianisme dans la région. L’Église a tenté de l’interdire à plusieurs reprises, sans succès.
La Befana, en Italie
En Italie, les cadeaux n’arrivent pas seulement à Noël. Dans la nuit du 5 au 6 janvier, pour l’Épiphanie, la Befana, une vieille femme sur un balai, passe par la cheminée. Elle laisse des bonbons aux enfants sages et du charbon aux autres. Aujourd’hui, ce charbon est souvent en sucre.
La légende dit que les rois mages lui ont demandé de les accompagner jusqu’à Bethléem, et qu’elle a refusé, trop occupée par son ménage. Prise de remords, elle les cherche depuis, de maison en maison.
Le Tió de Nadal, en Catalogne
C’est sans doute la tradition la plus surprenante d’Europe. À partir du 8 décembre, les familles catalanes installent dans la maison un tronc d’arbre décoré d’un visage souriant et d’une barretina, le bonnet rouge traditionnel. Les enfants le couvrent d’une couverture pour qu’il n’ait pas froid, et le « nourrissent » chaque jour.
Le soir de Noël, ils le frappent avec des bâtons en chantant une chanson qui lui ordonne de « faire » des cadeaux. On soulève alors la couverture, et les friandises sont apparues. La Catalogne a aussi son « caganer », un petit personnage accroupi qu’on cache dans la crèche, en train de faire ses besoins.
La chèvre de Gävle, en Suède
Depuis 1966, la ville de Gävle installe chaque année sur sa place principale une immense chèvre en paille, haute de plus de dix mètres. La chèvre de Noël, ou julbock, est un vieux symbole scandinave. Celle de Gävle est surtout célèbre pour une autre raison : elle a été incendiée ou détruite à de très nombreuses reprises, malgré les gardes, les caméras et les produits ignifugeants. Les paris sur sa survie sont devenus une tradition à part entière.
Les treize lutins et le chat géant, en Islande
En Islande, il n’y a pas un père Noël, mais treize. Les « jólasveinar », ou garçons de Noël, descendent un par un de la montagne pendant les treize nuits qui précèdent Noël. Chacun a sa manie : l’un lèche les cuillères, l’autre claque les portes, un troisième vole les saucisses. Les enfants laissent une chaussure sur le rebord de la fenêtre. Les sages y trouvent un petit cadeau, les autres une pomme de terre pourrie.
Les lutins ont une mère, Grýla, une ogresse qui mange les enfants désobéissants, et un animal de compagnie, le Jólakötturinn, un chat géant qui dévore ceux qui n’ont pas reçu de vêtement neuf pour Noël. D’où l’habitude islandaise d’offrir au moins un vêtement à chacun.
Les Islandais ont une tradition plus douce : le « Jólabókaflóð », le déluge de livres de Noël. On s’offre des livres le 24 décembre au soir, et on passe la nuit à les lire.
Cacher les balais, en Norvège
Une vieille croyance norvégienne veut que les sorcières et les mauvais esprits sortent la nuit de Noël, à la recherche de balais pour voler. Beaucoup de familles cachent encore tous leurs balais avant d’aller se coucher.
Ailleurs dans le monde
Le poulet frit de KFC, au Japon
Au Japon, Noël n’est pas une fête religieuse : moins de 2 % des Japonais sont chrétiens. C’est plutôt une soirée en amoureux. En 1974, KFC lance une campagne publicitaire, « Kentucky for Christmas », qui présente le poulet frit comme le repas de Noël idéal, à défaut de dinde, introuvable dans le pays. Le succès est immense. Aujourd’hui, des millions de familles commandent leur seau de poulet des semaines à l’avance, et le gâteau à la crème et aux fraises complète le menu.
Les lanternes géantes, aux Philippines
Les Philippines, pays très majoritairement catholique, ont l’une des saisons de Noël les plus longues du monde, qui commence dès septembre. Chaque décembre, la ville de San Fernando organise un festival de lanternes géantes, les « parol », en forme d’étoile. Les plus grandes mesurent plusieurs mètres et contiennent des milliers d’ampoules qui s’allument en rythme.
Les posadas, au Mexique
Du 16 au 24 décembre, les Mexicains célèbrent les « posadas ». Chaque soir, des groupes de voisins rejouent la recherche d’un abri par Marie et Joseph à Bethléem : ils vont de maison en maison en chantant, se font refuser l’entrée, puis sont enfin accueillis. La soirée se termine par un repas, des boissons chaudes et une piñata pour les enfants.
En patins à roulettes à la messe, au Venezuela
À Caracas, une tradition veut que les habitants se rendent à la messe matinale des jours qui précèdent Noël en patins à roulettes. Certaines rues sont fermées aux voitures le matin pour leur laisser la place.
La toile d’araignée, en Ukraine
En Ukraine, on décore parfois le sapin avec des toiles d’araignée en fil ou en papier. Une légende raconte qu’une famille pauvre n’avait pas de quoi décorer son arbre. Pendant la nuit, des araignées l’auraient couvert de toiles, que le soleil du matin aurait transformées en fils d’or et d’argent. Cette histoire serait aussi à l’origine des guirlandes argentées.
Le barbecue de Noël, dans l’hémisphère sud
En Australie, en Afrique du Sud ou en Argentine, Noël tombe en plein été. On le fête souvent dehors, autour d’un barbecue ou à la plage, en maillot de bain. En Afrique du Sud, le « braai », le barbecue familial, est au cœur du repas.
Questions fréquentes
Pourquoi les traditions de Noël sont-elles si différentes ?
Parce que Noël s’est greffé sur des fêtes d’hiver plus anciennes, qui variaient d’une région à l’autre. Chaque pays a mêlé la fête chrétienne à son propre folklore, puis aux habitudes modernes, parfois très récentes, comme au Japon.
Qui apporte les cadeaux dans les autres pays ?
Le père Noël n’est pas partout. Saint Nicolas passe le 6 décembre aux Pays-Bas, en Belgique et dans l’est de la France, l’Enfant Jésus en Allemagne du Sud et en Autriche, la Befana en Italie, les Rois mages en Espagne le 6 janvier.
Et en France, quelles traditions sont originales ?
Les treize desserts de Provence, servis après la messe de minuit, et la Saint-Nicolas en Lorraine et en Alsace, avec son défilé et le Père Fouettard, sont parmi les plus anciennes.
Conclusion
Derrière ces traditions, on retrouve souvent les mêmes ingrédients : de la lumière au cœur de la nuit la plus longue, des cadeaux pour les enfants sages et une menace pour les autres. Le Krampus, la Befana et les lutins islandais montrent que Noël a longtemps été une fête autant pour faire peur que pour émerveiller. Pour prolonger le voyage côté assiette, découvrez les desserts de Noël à travers le monde.